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L’impact environnemental du ré-emploi

Posted on 16 décembre 2025

Vinted ou Vide grenier ? Quelle 2nde main est la plus écolo ?

Est-ce que l’impact écologique d’un T-shirt de 2nde main acheté sur Vinted est identique à l’impact du même T-shirt acheté lors du dernier vide grenier de votre quartier ?

C’est typiquement pour essayer de répondre intelligemment à ce genre de questions, chiffres à l’appui (on ne se refait pas quand on est ingénieur), que j’ai décidé de me reconvertir comme spécialiste en analyse de cycle de vie (ACV).

Dans cet article, je vous partage mes réflexions personnelles pour aiguiser votre esprit critique et quelques conseils de réflexes à avoir pour être sûr·e de faire une bonne action écologique quand vous achetez du « ré-emploi ». Le tout illustré par des exemples d’initiatives nantaises !

Au commencement (de l’économie circulaire), le ré-emploi.

Ce n’est plus un scoop, pour sauver le monde, il faut passer d’une économie linéaire de la course aux volumes et du tout jetable, à une économie circulaire où les déchets des uns deviennent les ressources des autres. Et en matière d’économie circulaire, « ré-employer », c’est a priori le meilleur moyen de valoriser un produit en fin de vie. C’est mieux que de « reconditionner » qui nécessite potentiellement le remplacement de certaines pièces usagées. Et encore mieux que de « recycler » qui nécessite de (re)transformer la matière pour faire de nouveaux produits.

Les boucles de valorisation en fin de vie des produits

Seulement voilà, il y a ré-emploi et ré-emploi.

Le ré-emploi des déchets : pas de question, c’est tout bon !

Là où vous pouvez aller les yeux fermés, c’est quand les produits ré-employés ont atteint le stade de déchets dans une vie antérieure. Exemple, les PC Restart de chez Modixia sont assemblés avec de 50% d’électronique de ré-emploi.

Intérieur d’un PC Restart assemblé par la startup Modixia

Dans ce cas, des cartes mères encore parfaitement fonctionnelles sont sauvées de la casse. Elles n’ont donc plus de valeur économique et leurs impacts environnementaux peuvent être considérés comme nuls. Les gains écologiques comparés à du matériel neuf sont alors maximisés.

Un paramètre clé : le facteur d’allongement de durée de vie.

Un peu moins trivial, le cas où le ré-emploi rallonge de la durée de vie d’un produit. C’est lui qui vous fait pédaler sur le vieux vélo de mamie. Et c’est également l’objectif de Redeem Medical qui propose un service de revalorisation de dispositifs médicaux. Leur mission : remettre en circulation toutes ces attelles qui, une fois vos poignets et genoux guéris, finissent leurs vies dans un tiroir.

Service de ré-emploi proposé par Redeem Medical

Dans ce cas, le paramètre clé est le facteur d’allongement de la durée de vie par rapport à la durée initiale : x2 (ou +100%) si la durée de la 2nde vie est égale à la première.

Généralement, au-dessus de +50% de durée vie (valeur réaliste pour de nombreux produits), le coût environnemental de la remise en état éventuelle est largement compensé par les impacts évités liés à la production d’un produit neuf équivalent.

Le point de bascule ou quand le ré-emploi gagne sur l’usage unique.

Seulement voilà, pour être ré-employé plusieurs fois, un produit doit souvent être bien plus robuste que son concurrent à usage unique.

Welcome back dans l’univers de la consigne qui compte de plus en plus d’acteurs, dont Les Boîtes Nomades pour la restauration à emporter.

Techniquement, une barquette consignée en verre c’est 15 à 20 fois plus lourd que la version plastique à usage unique. Et c’est également une opération de lavage à chaque utilisation et le transport qui va avec.

Pas le choix, pour tirer cela au clair et savoir ce qui est le plus rentable, il faut faire le calcul ! Plus précisément, il faut réaliser une évaluation environnementale qui tient compte de toutes les étapes de cycle de vie et de différents indicateurs comme les émissions CO2 ou encore l’épuisement de ressources. C’est le principe de l’analyse de cycle de vie, ACV pour les intimes. Pour ré-emploi, le gros intérêt de la démarche est de déterminer le point de bascule. C’est-à-dire le nombre de ré-utilisations à partir duquel le ré-emploi est plus écologique que l’usage unique. Dans le cas des barquettes en verre des Boîtes Nomades, il s’agit d’une petite dizaine de fois.

Point de bascule entre la consigne en verre et l’emballage plastique à usage unique.

L’ACV conséquentielle pour débusquer les risques d’effet rebond.

Encore moins intuitif, les cas de figure qui présentent un risque d’effet rebond. L’effet rebond c’est quoi ? C’est – la – plaie ! Vous avez une super solution écolo mais elle est si super, et si facile d’accès que tout le monde se jette dessus. Et patatras. La vente unitaire d’un de vos produits diminue l’impact du consommateur mais au global l’impact du marché explose. Coucou les plateformes de streaming audio et vidéo !

Alors revenons à la question de départ. Celle du T-shirt. Quel est le rapport ? Et comment raisonner pour appréhender le problème au sens large ?

Une réponse réside pour moi dans l’adoption d’une logique d’évaluation (ou d’ACV) conséquentielle. Pour faire simple, en ACV conséquentielle on n’évalue pas les impacts d’un produit ré-employé mais on évalue les impacts de l’activité de ré-emploi en tant que tel. Et ça change tout ! On va alors se poser la vraie bonne question : quelles sont les conséquences d’un achat et de l’usage qui s’en suit ? Pour cela, on raisonne par rapport à un scénario de référence (sans ré-emploi), et on considère ce qui se passe chez l’acheteur·se et le vendeur·se.

Application : Quand vous achetez un T-Shirt sur Vinted, vous vous dites que vous évitez la fabrication d’un T-shirt neuf (= votre scénario de référence si Vinted n’existait pas). C’est vrai. Mais il faut aussi regarder ce qui se passe côté vendeur. Pour lui ou elle, quelles sont les conséquences de la vente, et qu’est-ce qu’il (ou elle) va faire de cet argent ? Vous me voyez venir ? Soit il garde gentiment l’argent en poche sur son livret A et dans ce cas on évite au global la fabrication d’un t-shirt. Soit il en profite pour s’en racheter un nouveau de T-shirt, plus beau, plus tendance. Et voilà, un partout la balle au centre, un T-Shirt neuf aura quand même été fabriqué.

Conclusion :

Que retenir de tout ça ?

Primo : plus un produit de ré-emploi aura été proche du stade de déchet, plus écologique sera son acquisition.

On pourrait alors définir une échelle de hiérarchisation basée sur la valeur (ou fonctionnalité) résiduelle à l’issue de la 1re vie d’un produit. Avec du plus écolo au moins écolo :

  1. Produit HS
  2. Produit obsolète
  3. Produit en mauvais état
  4. Produit en bon état
  5. Produit quasi neuf

Secundo : l’échelle précédente doit être mise au regard du coût environnemental de la 2nde vie du produit ré-employé. C’est-à-dire des impacts de toutes les activités (logistique, réparations…) nécessaire à sa remise sur le marché.

Cette logique permettrait alors de cartographier les différentes approches de ré-emploi de la façon suivante :

Cartographie de solutions de ré-emploi

NB. Toutes ces approches présentent un intérêt écologique. L’idée n’est pas de comparer leur performance relative mais de mieux comprendre l’origine des bénéfices écologiques qui en découlent.

Enfin, pour finir, revenons à notre T-shirt de 2nde main. Le jugement final doit également considérer les risques d’effets rebond et les conséquences du ré-emploi à plus grande échelle.


Sources :

  • ADEME (2018), Quantification de l’impact environnemental d’une action de réparation, réemploi réutilisation
  • ADEME (2025), Evaluation environnementale de la consigne pour le réemploi des emballages en verre en France – Volet B

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À propos

« R comme réduire » est une agence de conseil dont la mission est d’aider les entreprises de l’industrie à évaluer et réduire les impacts environnementaux de leurs produits, services et procédés.

L’agence propose des services d’analyses de cycle de vie (ACV), de conseil en éco-conception et de formation aux outils associés.

Elle a été créée, à Nantes, en 2022 par Emmanuel Pion, qui exerce depuis comme consultant indépendant.

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